Quadrichromie
Léa TEMPLÉ
Quadrichromie : c'est quoi, et pourquoi ça compte pour ton imprimé ?
Je vais vous avouer quelque chose : même après plusieurs années à préparer des fichiers pour l'impression, il m'arrive encore, au moins quatre fois sur un même projet, d'ouvrir mes paramètres pour vérifier que je suis bien en CMJN !
Parce qu'à l'écran, tout peut sembler parfait. Mais une fois imprimées, certaines couleurs peuvent être très différentes de ce que vous voyez sur votre écran. Et c'est justement là que la quadrichromie entre en jeu.
Alors, quadrichromie, CMJN, RVB, Pantone… qu'est-ce que tout cela signifie concrètement ? Je vous explique simplement ce qu'il faut savoir avant d'envoyer un fichier à l'imprimeur.
Qu'est-ce que la quadrichromie ?
La quadrichromie est la méthode d'impression en couleurs la plus courante. Elle repose sur quatre encres : le cyan, le magenta, le jaune et le noir. C'est ce qu'on appelle le CMJN.
Petite précision : seules trois de ces encres sont des couleurs primaires. Le noir s'ajoute pour obtenir des textes nets et des ombres profondes (c'est le « K » de CMYK, pour key).
Comment ça marche concrètement ?
L'imprimeur dépose les quatre encres l'une après l'autre, sous forme de minuscules points : c'est la trame. Ces points sont si petits que l'œil ne les distingue pas à distance et les couleurs se mélangent visuellement. C'est ce qu'on appelle un mélange optique.
J'ai d'ailleurs pu le voir concrètement lors de ma formation de chef de projet web, pendant laquelle j'ai eu l'occasion de visiter une imprimerie. C'est assez fascinant de découvrir ce qui se passe derrière un fichier que l'on prépare sur son écran : les différentes encres sont imprimées avec une grande précision pour finalement former une image qui nous paraît parfaitement homogène.
Regardez un flyer à la loupe et vous pourrez, vous aussi, observer ces petits points de cyan, de magenta, de jaune et de noir.
Avec ce principe, la quadrichromie permet de reproduire une très large palette de couleurs, des photographies aux dégradés, avec seulement quatre encres.

Quelle différence entre CMJN et RVB ?
C'est là que naît la fameuse surprise du bleu terne.
- RVB (rouge, vert, bleu) : la lumière de l'écran. Il produit des couleurs très lumineuses.
- CMJN : l'encre sur papier. Sa palette est un peu plus réduite.
Les couleurs très saturées (bleu électrique, vert vif, orange fluo) sont donc plus belles à l'écran qu'à l'impression. Rien d'anormal : ce sont deux univers différents. Pour un imprimé, je travaille toujours mes fichiers directement en CMJN, pour que tu voies à l'écran ce que tu auras sur le papier.
Quadrichromie ou Pantone : lequel choisir ?
Le Pantone, ou ton direct, permet d'utiliser une encre préparée spécifiquement pour obtenir une couleur précise. Il est particulièrement intéressant lorsqu'une couleur de marque doit rester la plus fidèle possible d'un support à l'autre.
J'ai notamment rencontré cette exigence lors de mon expérience comme graphiste dans l'hôtellerie 5 étoiles. La couleur de l'établissement devait être respectée sur de nombreux supports et produits, et le Pantone permettait de garder cette cohérence entre les différents éléments de la marque.
C'est particulièrement utile lorsqu'une identité visuelle doit se retrouver sur des supports très différents : papeterie, signalétique, packaging, objets personnalisés ou supports de communication. L'objectif est que la couleur de référence reste identifiable, même lorsque le support ou le procédé d'impression change.

La quadrichromie, elle, utilise les quatre encres CMJN et permet de reproduire une très grande variété de couleurs. Elle est généralement plus adaptée et plus économique pour les supports courants comme les flyers, cartes de visite, affiches, brochures ou plaquettes.
Le choix dépend donc surtout du projet, du support et du niveau de précision attendu pour les couleurs de la marque.
Quadrichromie, bichromie : quelle différence ?
La bichromie n'utilise que deux encres. Elle donne un rendu plus sobre, parfois très élégant, et peut réduire le coût sur certains projets. La quadrichromie reste indispensable dès qu'on veut des photos en couleurs fidèles.
Mes conseils pour préparer ton fichier
- Crée ton document en CMJN dès le départ.
- Utilise des images en 300 dpi minimum.
- Ajoute 3 mm de fond perdu autour du visuel.
- Pour le logo, privilégie un fichier vectoriel : j'en parle dans mon article sur les formats d'images vectorielles.
- Fais confiance à l'épreuve : une couleur peut varier légèrement d'un papier à l'autre.
Besoin d'un coup de main ?
Je prépare tes fichiers pour l'impression, de la création du visuel à la remise à l'imprimeur. Découvre mes supports imprimés ou écris-moi : on regarde ensemble ton projet.
